Zizek or not Zizek ? / Les matins de France Culture
- Par: Le blog de Clémentine Autain
- Le: 04.03.2008 10:04:38
- Dans: Parti Socialiste
- [ Article original ]
- Commentaires: 0
Bonjour,
Ci-dessous, ma deuxième chronique les Matins de France Culture… Je ne doute pas que ça va chatouiller le bloggeur alter ! Le débat est ouvert.
A très vite,
Clémentine Autain
Clicker ici pour écouter la matinale (et la chronique à 7h25)
C’est sur vos Matins, Ali Baddou, dès mardi dernier, que j’ai trouvé l’inspiration pour cette deuxième chronique qui [...] ...
Bonjour,
Ci-dessous, ma deuxième chronique les Matins de France Culture… Je ne doute pas que ça va chatouiller le bloggeur alter ! Le débat est ouvert.
A très vite,
Clémentine Autain
Clicker ici pour écouter la matinale (et la chronique à 7h25)
C’est sur vos Matins, Ali Baddou, dès mardi dernier, que j’ai trouvé l’inspiration pour cette deuxième chronique qui touche, comme la précédente et la suivante, aux enjeux de liberté et de pouvoir. Certains seront peut-être étonnés que mon coup de sang ait pu se produire en entendant l’un des intellectuels les plus prisés dans la gauche radicale, Slavoj Zizek, qui était votre invité. Maniant Marx et Lacan, l’intellectuel slovène a de quoi séduire : sa verve a des accents de modernité (Cinéma, caca et Coca-Cola sont les exemples supports de ses analyses les plus jouissives du monde contemporain) et sa radicalité anticapitaliste est franchement bienvenue. Et pourtant, on peut s’interroger sur la portée politique de son propos, sur son apport réel pour ouvrir le champ des possibles. Commençons par ce qui passe souvent à la trappe chez les commentateurs du philosophe. Zizek conteste la légitimité des nouvelles luttes - féminisme, anti-racisme, mouvements gays et lesbiens - parce que ces luttes seraient compatibles avec le capitalisme. Ces mobilisations pour la reconnaissance d’identités qu’il qualifie de « marginales » font naître, selon lui, des demandes éclatées qui dépolitiseraient nos sociétés et empêcheraient le retour, qu’il appelle de ses vœux, à la primauté de l’économique. Zizek déplore – je cite - « le renoncement à s’attaquer aux causes réelles (économiques, etc.) du racisme et du sexisme ». Comment ne pas lui objecter que la domination masculine ou le racisme mettent en jeu des dimensions symboliques qui ne trouvent pas leur seule source dans l’exploitation économique ? Par ailleurs, l’un des enjeux d’aujourd’hui pour la gauche de transformation sociale n’est-ce pas justement de faire vivre la cohérence entre tous les combats émancipateurs, et donc d’articuler l’antagonisme de classe avec les autres formes d’exploitation et de domination ? De créer du liant là où la pensée unique atomise, de « défataliser » en repolitisant, comme disait Pierre Bourdieu, pour entraîner tous les dominés et faire vivre ce que Jacques Bidet appelle « l’égaliberté ». Au lieu de bâtir ce nouvel imaginaire politique, Zizek affirme, comme tant d’autres avant lui dans l’histoire du mouvement ouvrier, que tout est soluble dans le Capital. Autrement dit, en avant la lutte des classes, et le reste, on verra après !
Est-ce que ce point de vue économique de Zizek est complété par une analyse d’ordre psychanalytique ?
Bien sûr ! Pour Zizek, les féministes qui veulent voir abolir le complexe d’Œdipe ne se rendent pas compte du danger que représente la remise en cause totale du patriarcat. Le philosophe nous dit, ouvrez les guillemets : « la désintégration de l’autorité symbolique publique (« patriarcale ») est payée (ou contrebalancée) par un « attachement passionné » à la sujétion parce qu’il manque un « Interdit symbolique intériorisé » - fin de citation. En clair : si on touche au patriarcat, se recréent de toute façon des relations dominants-dominés. Et de citer en exemple les couples de lesbiennes sado-masochistes et autres pratiques de type maîtres-esclaves. Car pour Zizek, la liberté excessive, le manque d’ordre, de repères sont nuisibles. Le philosophe estime que le capitalisme peut, lui, accepter une morale libertaire. On comprend donc que Zizek soit très critique au sujet de l’héritage de Mai 68 : « ça a été un spectacle, a-t-il déclaré dans un entretien au Monde, ajoutant : je déteste cette idée de l’explosion libératrice. Mon problème est celui-ci : le retour à l’ordre. » - fin de citation. L’appel à la valeur d’ordre dans la bouche d’un ami des altermondialistes, ça fait bizarre mais accompagné du mot « retour », ça fait carrément peur… Sur cette antenne mardi dernier comme dans ses livres, Zizek fait l’éloge de la violence, plaide pour une réhabilitation de la Terreur et reviendrait bien à la dictature du prolétariat. « Notre tâche aujourd’hui est de réinventer une terreur émancipatrice », écrit-il dans son introduction aux discours de Robespierre. Eh oui, pour Zizek, « un peu d’autoritarisme peut aider à lutter contre le capitalisme »… C’est ainsi que l’intellectuel remet au goût du jour la vieille répartition, mortifère pour la gauche, entre « capitalisme, démocratie et liberté », d’une part ; « économie socialisée et autoritarisme », d’autre part. On aurait pu penser que les graves échecs des expériences dites socialistes en URSS, en Chine et ailleurs, suffisaient à invalider toute perspective de transformation sociale qui mépriserait les enjeux de liberté et de démocratie… Là, c’est raté. Au fond, Slavoj Zizek enferme la gauche alternative dans les impasses du XXe sècle. Si Zizek n’existait pas, les conservateurs aurait du l’inventer…
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Zizek or not Zizek ? / Les matins de France Culture par clementineautain Lundi 3 Mars 2008 :: Clémentine Autain Blog :: RSS. Bonjour, Ci-dessous, ma deuxième chronique les Matins de[NeoSkills Feeder, Les news libres du nouveau monde]
Le blog de Clémentine Autain » 2008 » mars
pas mis sur ce blog ma chronique de lundi dernier pour les Matins de France Culture Posté le: 6 mars 2008. Commentaires (25) Zizek or not Zizek ? / Les matins de France CultureLe blog de Clémentine Autain » 2008 » mars
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par la CIA, qui fit de la culture une niveau de débilité et de saloperie. Il faudrait lui passer son film tous les matins être dans le sud de la France, “Camus et lesBig Blogger is watching you - La république des livres - Blog ...
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