Les profs devraient être contents !
- Par: Authueil
- Le: 05.02.2008 18:55:49
- Dans: Politique
- [ Article original ]
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Une réforme du métier d enseignant est sur les rails. Une de plus me direz-vous. Oui, mais cette fois, plutôt que de lancer comme la "réforme du siècle" un machin inapplicable, on s attaque aux problèmes par le biais de la condition enseignante. Ce n est pas idiot, car l enseignement sans les... ...
Une réforme du métier d enseignant est sur les rails. Une de plus me direz-vous. Oui, mais cette fois, plutôt que de lancer comme la "réforme du siècle" un machin inapplicable, on s attaque aux problèmes par le biais de la condition enseignante. Ce n est pas idiot, car l enseignement sans les enseignants, cela n a pas de sens, et que trop souvent, les aspects humains ont été oubliés dans les réformes. Dans l ébauche de rapport qui servirait de base à la réforme (notez que rien n est figé), on trouve plein de choses sur de vrais problèmes.
Le premier est l envoi quasi systématique des jeunes recrues à l abbatoir. Un jeune prof qui sort de l IUFM a de très fortes probabilités de se retrouver en ZEP. C est ce qui aurait dû m arriver si je n avais fort opportunément quitté l Education nationale : Un collège à Arnouville-les Gonesse ! Ce sujet est battu et rebattu, tout le monde convient que c est catastrophique, pour les jeunes enseignants, mais aussi pour les élèves, à qui on devrait donner plus (c est à dire des profs solides et expérimentés) et à qui on donne moins (des débutants qui n ont qu une envie, c est de partir). Il faudra bien admettre qu enseigner en banlieue et dans un établissement tranquille de province, ce n est pas le même métier. En banlieue, on passe son temps à faire la discipline, de l éducatif et on passe quelques savoirs, à quelques élèves, comme on peut et quand on peut. On est davantage sur un profil "éducateur spécialisé" que professeur du secondaire. J attend de voir ce qui sera proposé, parce que soulever un sujet, c est bien, cela ne porte pas remède pour autant.
Deuxième sujet, plus occulté, mais tout aussi essentiel, celui des "vieux profs". Le drame de ce métier (et c est aussi un peu pour cela que je suis parti), c est que l on commence prof et qu on finit prof. 40 ans à faire la même chose, ce n est pas drôle, et combien d enseignants, arrivés à 45-50 ans, ont "perdu la foi" et ne sont plus heureux dans leur métier, que pourtant ils aimaient. Souvent, ils sont fatigués des élèves, ils ont fait le tour du métier. Et que leur propose-t-on ? Pas grand chose si ce n est de passer chef d établissement, ou inspecteur. Mais de toute manière, on reste au sein de l éducation nationale. S engager dans la voie de l enseignement s apparente à entrer dans un tunnel professionnel ! Que l on propose davantage de passerelles, avec de véritables formations pour changer complètement de métier et entamer une deuxième carrière, c est véritablement quelque chose de positif.
Troisième point, plus anedotique, le rapport propose d offrir une possibilité de prendre une période "sabbatique professionnelle", en partant un peu à l étranger. C est à la fois une respiration, mais aussi une possibilité de se former, de découvrir autre chose et de s ouvrir à l international.
Le rapport n élude pas la question de la rémunération. C est vrai que les salaires des enseignants ne sont pas fabuleux. C est même pas terrible vu le niveau de formation et de qualification ! Mais comme toujours, on se heurte à la question du budget. Pas possible d augmenter les crédits, il faut être inventif "à budget constat". Je ne vois pas trop comment on va faire ! C est déjà beau que l Etat reconnaissent qu il sous-paie ses employés, vu que trop souvent, on a été dans le déni sur cette question.
Le rapport semble aussi se pencher sur l organisation du travail des enseignants, et sur la prise en compte de toutes les tâches qui leur incombent. Rien que cela, c est déjà très bien ! L enseignement, ce n est pas seulement faire son temps devant les élèves et se casser chez soi, en se foutant complètement de la vie de l établissement. Il y a des enseignants qui sont comme ça, mais heureusement, il y en a encore qui s investissent dans leur bahut, qui assument les "tâches annexes" de manière consciencieuse, et surtout qui organisent des choses pour les élèves en dehors de leur discipline. Cet "investissement extérieur" doit être reconnu et valorisé (y compris sur la feuille de paie), car le dynamisme d un établissement apporte un mieux-être qui fait la différence, pour tous. Le personnel et les enseignants se sentent mieux dans leur travail, un esprit d équipe existe, on sent moins seul, pas enfermé dans un face-à-face avec ses élèves. Pour les débutants, c est primordial d arriver dans un établissement dynamique. Pour les élèves, pas besoin de faire un dessin, c est le même topo.
Le rapport souhaite aussi davantage "encadrer" les enseignants. C est vrai qu actuellement, un prof fait ce qu il veut devant sa classe, et il n y a pas grand chose à faire contre un mauvais prof, sinon subir et attendre l année suivante en espérant ne pas retomber sur lui. Actuellement, un chef d établissement n a pas les moyens de forcer un enseignant à assumer correctement les "taches annexes" comme les conseils de classe, les rendez-vous avec les parents, la mise à jour de ses cours. J ai connu une prof d histoire-géo (ma matière) qui arrivait d un bon bahut de région parisienne et qui débarquait dans une ville tranquille de province, dans un établissement sans histoire, avec comme perspective d y terminer sa carrière (il lui restait quand même 15 ans à faire). On sentait qu elle s en foutait complètement, au point de ne donner à ses élèves de 1ère que des contrôles de connaissance. Pas d entrainement à la dissertation (trop long à corriger) ni même au commentaire de texte. Pour les préparations, elle puisait dans ses stocks de documents sans chercher à le renouveler. Son investissement dans la vie de l établissement était du même niveau. Le chef d établissement ne pouvait rien lui dire, car il n avait pas la moindre prise sur elle, puisqu elle était déjà bien haut dans les échelons, et n envisageait pas de demander une mutation. Quand ce n est qu un ou deux cas par établissement, ça passe, quand c est une majorité, c est autre chose ! Effectivement, dans ce cas là, il peut être intéressant de donner quelques outils aux chefs d établissement, pour qu ils puissent "motiver" les enseignants, et récompenser, y compris et surtout financièrement, ceux qui se donnent du mal et s impliquent. Reste à voir les modalités concrètes, mais sur le principe, cela ne me choque absolument pas.
Dernier serpent de mer évoqué, la formation dans les IUFM. C est insoluble ! Enseigner, c est un métier, et il ne suffit pas d aimer les maths pour être un bon prof de maths ! Quand on prend des jeunes qui sortent de plusieurs années de fac, à bachoter, on ne peut pas les mettre comme ça devant des élèves. Le premier souci est là, l absence totale de formation au sein de l université, à la transmission de connaissance et à tout ce qui fait l essence du métier d enseignant. Deuxième problème, c est la mentalité des formateurs IUFM. Beaucoup se sentent investis d une mission, et pour les pires, on à l impression qu être formateur IUFM leur permet de changer le monde et de le sauver. D où des contenus très théoriques, et des formations qui tiennent du formatage et du lavage de cerveau. On "modèle" les jeunes enseignants comme de la pate à modeler, en les faisant entrer dans un moule, le tout en un an. La "commande" passée aux IUFM est irréaliste, on ne passe du stade total néophyte à professeur aguerri en un an. C est un métier qui s apprend sur le tas, et en plusieurs années, chacun ayant sa manière d apprendre et son rythme. Il arrive que l usinage IUFM brise des jeunes et les dégoûte de l enseignement (j en suis le parfait exemple).
Le peu qui a fuité laisse entrevoir un rapport intéressant, qui touche à beaucoup de sujets essentiels, et qui marquera sans doute une étape importante dans l évolution du métier d enseignants (sans tout régler, bien entendu !). Qu en retient le Figaro pour en faire son titre : "il pourrait peut-être y avoir une possibilité de début de rémunération au mérite, ce qui est un chiffon rouge pour les enseignants". C est navrant, car cela ne résume absolument pas ce rapport.
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Les parents d'élèves devraient avoir les mêmes droits je pense que les profs ne sont pas contents tous simplements parce Peut-être que les profs "sévèrent" qui ont desNote2Be : les profs refusent de se faire noter
Loic Le Meur blog [FR]: Ségolène veut faire travailler les ...
tout le monde partagent, alors oui les profs devraient 50 enseignants on est déjà contents. Alors imaginer que les Peut être que si les profs avaient un salaire décent,Loic Le Meur blog [FR]: Ségolène veut faire travailler les ...
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avocat du diable, mais pourquoi les profs seraient Ils vont être contents…… le problème repose sur la forme et sur les critères qui devraient êtreRocard veut évaluer la performance des profs | Rue89
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