Banderille n°195 : United Races of America

Cette banderille est dédiée à Pem et Quindi qui, rebondissant sur mon précédent Paso Doble,ont réclamé plus d’infos sur mon affirmation assez lapidaire “L’Amérique est un pays raciste”. Racisme Fluocaril Oui, l’Amérique est un pays raciste. Sous le sourire policé forcé de l’establishement White Anglo-Saxon and Protestant, se cache un esprit de caste racial, une [...] ...

Cette banderille est dédiée à Pem et Quindi qui, rebondissant sur mon précédent Paso Doble,ont réclamé plus d’infos sur mon affirmation assez lapidaire “L’Amérique est un pays raciste”.
Racisme Fluocaril Oui, l’Amérique est un pays raciste. Sous le sourire policé forcé de l’establishement White Anglo-Saxon and Protestant, se cache un esprit de caste racial, une forme de snobisme ethnique qui est d’autant plus choquante qu’elle se tapit dans les replis duveteux du politiquement correct.
Ah, ça, vous n’entendrez jamais une de ces gentilles rombières liftées aux dents étincelantes déraper un seul instant lorsqu’elles parlent avec affectation des “africains-américains“. Irréprochable, elles ne trahiront jamais leur véritable sentiment et, lorsqu’elles n’en peuvent plus, elles savent le tourner élégamment. Ainsi, elles ne vous demanderont jamais si votre père ou votre mère est un métèque aux origines douteuses. Tout au plus : “What is your ethnic background ?”.
Les jeunes étaient plus faciles à faire craquer - moins d’expérience sociale sans doute. Anecdote d’un américain à qui un européen un peu coloré, responsable d’un service informatique, demandait de sortir de la salle pour terminer son sandwich et son coca, arguant qu’il était interdit de le faire en salle des machines. La réplique du tac-au-tac fut perfide : “By the way, where do you come from : are you a kind of albanese ?” Albanais, pour un caucasien, c’est une sorte de sous-tribu…
Demelting Plot Je me souviens aussi d’un bâtiment où l’on prenait bien soin d’exposer toutes sortes de règles plus ou moins débiles sur “sexual harassment” et où l’on veillait à organiser régulièrement des “community events”.
Quel village du bonheur, vraiment : les latinos faisaient forcément le ménage, les noirs la sécurité et les blancs l’encadrement. Ah non, pardon : il y avait une noire dans l’encadrement. Curieusement, la seule qui n’était pas au même étage que les autres : on l’avait relégué au 3ème, avec ses frères et soeurs de la couleur pourpre.
D’ailleurs, à midi, vous auriez difficilement trouvé une répartition des tables plus parlante : tels les anneaux olympiques, tout ce beau monde mangeait par cercles de couleur, avec des caisses comme carrefours de mixité sociale. Voilà des gens qui travaillaient ensemble à longueur de journée mais qui se séparaient par couleur de peau sitôt l’heure du déjeuner arrivée. Demelting plot…
Binary colors Mais ne mettons pas ceci sur le compte des blancs uniquement. Les noirs* le sont également, et même plus. Les anecdotes affluent : comme celle de ce blanc naïf qui, répondant à une annonce immobilière, débarqua en plein quartier noir d’une grande ville américaine. Sous le regard étonné des habitants assis sur leur perron, il finit par arriver devant la maison masure mise en colocation. Et lorsque le propriétaire - noir - ouvre et qu’il se rend compte qu’un blanc a osé venir jusqu’ici, il lui grommelle que “la maison est prise”.
Ou encore de ce noir du Bronx qui s’en prit à un pauvre camarade Polonais parce que ce dernier lui avait demandé son avis sur la criminalité à New York : “Tu me demandes ça parce que je suis noir !”. Le peuple noir américain n’est pas à l’aise non plus avec son histoire.
Et c’est ce peuple-là qui irait voter Obama ? Non. Ma charmante rombière trouvera “amazing” Obama, mais dans le secret de son isoloir choisira “Mc Cain” ou “Clinton”. Quant à mes noirs, ils n’iront pas voter, ou même sanctionneront Obama, coupable d’avoir collaboré avec les blancs ou (sic) de “ne pas être assez noir”. La nuit, tous les racismes sont gris.
 

* Je précise que dernièrement, j’ai trouvé dans Paris Match un article où l’on parlait des gares fréquentées par les “blacks”. Amis de la novlangue, apprenez que dire “c’est un black” est moins raciste que “c’est un noir”, comme si l’anglais absolvait le langage. Je vous recommande d’ailleurs chaudement le spectacle intitulé “L’Inscription” qui épinglait - entre autres - cet abus de langage. Si jamais il se rejoue dans votre théâtre de quartier…




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